Chiedono la fine della presenza Onu ad Haiti: è un’occupazione

La MINUSTAH ha represso la manifestazione dei lavoratori haitiani che richiedevano uno stipendio di 200 gourdes, ossia 5 dollari

La MINUSTAH ha represso la manifestazione dei lavoratori haitiani che richiedevano uno stipendio di 200 gourdes, ossia 5 dollari

La Commissione internazionale d’indagine sulla situazione di Haiti ha chiesto il ritiro immediato delle truppe della Minustah presenti sul suolo haitiano. Ogni giorno la presenza delle forze delle Nazioni Unite rappresenta, infatti, un affronto alla sovranità popolare del paese. La Commissione ha richiesto inoltre l’annullamento del debito estero che ingiustamente Haiti continua a pagare dalla dichiarazione dell’indipendenza. E fa appello alle organizzazioni dei diritti umani, sociali e dei lavoratori a mobilitarsi a favore della liberazione di Haiti dalla forza multinazionale. Il costo della Minustah corrisponde a circa un terzo del budget del paese intero. Il 15 ottobre è la data del rinnovo della Missione.

 

 La IIIe Conférence (Défendre Haïti c’est nous défendre nous-mêmes !) de l’Association des Travailleurs et des Peuples de la Caraïbe (ATPC), tenue à Pétion-ville, les 12 et 13 décembre 2008, avait arrêté : 

–         Le RETRAIT IMMEDIAT DES TROUPES DE LA MINUSTAH : chaque jour de plus de présence de ces troupes sur le sol haïtien est un affront à la souveraineté du peuple haïtien et aux peuples du monde entier !

–         L’ANNULATION DE LA DETTE D’HAITI ! PAIEMENT DES REPARATIONS !

–         APPEL AU MOUVEMENT OUVRIER ET DEMOCRATIQUE MONDIAL POUR LA CONSTITUTION D’UNE COMMISSION INTERNATIONALE D’ENQUÊTE SUR LA SITUATION EN HAITI !

            Pour ce faire, un Comité de Suivi composé d’associations et d’organisations haïtiennes a été mis en place avec la collaboration de l’ATPC.

Ce comité devait assurer la préparation de la première session de la « Commission Internationale d’Enquête ». Cette session s’est tenue du 16 au 20 septembre 2009, à Port-Au- Prince. Les membres de la commission internationale, composée de délégués venus d’Algérie, du Brésil, des Etats-Unis, de Guadeloupe et de Martinique devaient répondre aux trois objectifs fixés par le Comité de Suivi, à savoir :

1)      …enquêter sur la situation d’Haïti, plus particulièrement, sur la réalité du milieu ouvrier et sur les exactions de la force d’occupation onusienne.

2)      De produire un rapport sur cette réalité et de la dénoncer au niveau national et international.

3)      De prouver que la MINUSTAH est une force d’occupation qui en conséquence doit laisser immédiatement le territoire. (…)». 

La Commission Internationale a travaillé à partir des éléments fournis par le Comité de Suivi et des visites de terrain.

Elle a auditionné :

–    Des individus,

–    Des associations et organisations syndicales et politiques ;

Elle a disposé et dépouillé :

–         Des journaux (Haïti Liberté, Le Nouvelliste….),

–         De photographies,

–         De  divers rapports,

–         De l’« Accord entre l’ONU et le gouvernement haïtien concernant le statut de l’opération des Nations Unies en Haïti » du 09 juillet 2004 ;

–         De la déclaration de la IIIe Conférence de l’ATPC… ;

Elle a rencontré le commandement militaire de la MINUSTA (Major Général FLORIANO PEIXOTO Vieira Neto, commandant ; Colonel TORO, commandant en second ;  Gérard Le CHEVALIER, conseiller des affaires politiques). 

            Il ressort de l’enquête conduite les observations et éléments d’analyses suivants :

–         une réalité sociale, économique et politique en pleine déliquescence ;

–         une montée du mécontentement, expression de la remise en cause de l’intervention militaire de l’ONU…

Les témoignages ont permis d’illustrer sous divers aspects cette situation que nous traiterons selon le plan suivant : 

1 – Social

1.1  – Conditions de travail et exercice du droit syndical

1.2  – Chômage

1.3  – Violence contre la femme

1.4  – Assassinats

1.5  – Trafic aux frontières

1.6  – Jeunesse et éducation

1.7 – Trafic de drogue et d’armes

1.8 – Emeutes de la faim

 2 – Economique

2.1- Spoliation des paysans

2.2- Renforcement du déséquilibre économique

2.3- Renforcement de la dépendance économique

 3 – Politique

 3.1 – Perte da la souveraineté nationale

3.2 – Atteinte à la liberté de la presse

3.3 – Arrestations arbitraires et disparitions

3.4 – Répression de manifestations populaires

3.4 – Régression de la participation électorale

1 – SOCIAL 

1.1  – Conditions de travail, exercice du droit syndical, salaire… 

– E… L, SOHACO SA (Société haïtienne de couture, située au Parc industriel…avril 2007) : 

La qualité des eaux s’étant dégradée les ouvriers ont  réclamé de l’eau potable. Le patron a eu l’audace de réclamer 3 gourdes pour le sachet d’eau (en vente à l’extérieur 1 gourde). Les ouvriers ont débrayé en guise de protestation. Quand ils ont voulu reprendre le travail, le patron s’y est opposé. Ils ont décidé de rester sur les lieux. Après plusieurs heures, le patron a fait appel à la police, qui les a bousculés, frappés… Devant leurs réclamations, le patron leur a dit de s’adresser au ministère des affaires sociales, s’ils n’étaient pas contents. Par la suite, accompagnés de leurs avocats, ils sont intervenus auprès de l’entreprise, mais, la MINUSTAH a molesté tout le monde. 

– B G, Président de l’Association des Employés Victimes de la TELECO (AEVT), ancien délégué syndical… juillet 2007 : 

Il explique que dans le cadre des plans de licenciements de milliers d’employés, une négociation a eu lieu entre les représentants du syndicat et la direction, un vendredi. Le jeudi suivant, 5 juillet, des policiers postés à la porte de la Téléco, remettaient une lettre de licenciement à 2.000 employés. Sur les 22 représentants syndicaux, 20 étaient licenciés. Depuis, le syndicat est décapité. Ils ont essayé de manifester (18 settings) devant la Téléco, la MINUSTAH les en a empêchés…Il ne reste plus que 1.100 personnes dans l’entreprise qui doivent accomplir les tâches d’une entreprise démantelée (5.000 licenciements de 2004 à 2008)… Les licenciements ne sont accompagnés d’aucun plan social… 

– (MF)…, femme, représentante de l’Association Nationale des Femmes Victime des Coopératives (ANFVC) (des coopératives qui ont fait faillite par la suite de détournements de fonds et de vols): 

Le groupe de femmes a eu recours au tribunal, en 2008, contre un dirigeant d’une coopérative…Elles ont eu gain de cause…Mais, aucune institution ne les écoute, ne leur donne gain de cause et donc satisfaction de l’issue positive sur le plan juridique. Et, lors de settings, de manifestations de rues, elles sont à plusieurs reprises, bousculées par la MINUSTAH… 

CATH, CTSP, Anten Ouvriyé, GARR, Chandèl, KRD, MODEP, PAPDA, 16-17 septembre 2009  

Le combat pour l’augmentation du salaire minimum (manifestations de rue…200 gourdes au lieu de 70 par jour) a été sévèrement réprimé par la PNH (Police Nationale) fortement appuyée par la MINUSTAH ou par la MINUSTAH seule (juin – juillet 2009). 

1.2- Chômage 

Le démantèlement du service public jette à la rue des milliers de travailleurs [Téléco, APN (autorité portuaire nationale) ; opération menée afin de faire barrage à la création de syndicats)…]. Au Parc Industriel (zone franche) les licenciements sont systématiques. Pour un oui ou un non, les travailleurs sont remis sur le trottoir, sans aucun recours possible. Près de 70 % de la population active se trouve au chômage. 

1.3 – Violence contre la femme 

– SOFA (Solidarité des Femmes Haïtiennes), Gonaïves, février 2005 

Nadège Nicolas, âgée de 20 ans, violée par 3 soldats Pakistanais, membres de la MINUSTAH. Le porte – parole de la MINUSTAH, Damien Onsès Cardona, déclare qu’il s’agit d’un cas de prostitution et que, sur cette base, des sanctions seraient prises contre les soldats fautifs. L’Association Kay Fanm (Maison des Femmes) a rejeté la version de la MINUSTAH déclarant qu’il s’agit d’un viol. 

– Alter – Presse, 15 novembre 2007 

Le 3 novembre 2007, l’ONU a rapatrié 108 casques bleus Sri-lankais, impliqués dans des cas d’abus sexuels sur des mineures. La ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, Marie – Laurence Jocelyn Lassègue, déclara à ce propos « inconcevable » qu’aucun organisme de l’Etat haïtien n’ait été consulté à cet effet. 

– O M, C A…(Coordination des Associations des femmes victimes de Cité Soleil), 2009 

Un total de 101 femmes a été victime : soit de soldats de la MINUSTAH, de la PNH ou de bandits sans foi ni loi. Une jeune fille de 15 ans a, dans ces conditions, été violée et a enfanté… Quel avenir pour ces enfants ?.. « Gen anpil ti MINUSTA nan péyi a » (Il y a beaucoup de petits-minustah en Haïti). Elles précisent qu’il n’y a nulle part où porter plainte contre les agresseurs. 

1.4 – Assassinats 

–         Le Nouvelliste, 19 juillet 2005 

Michelet Seide, 33 ans, étudiant en troisième année d’informatique à l’INUQUA (Institut Universitaire Quisqueya Amérique), a été tué le mercredi 13 juillet sur la route de l’aéroport par les soldats de la MINUSTAH. Il fut abattu au volant de sa voiture, atteint en pleine tête par un projectile tiré au – dessus du capot… Une patrouille de la PNH (Police Nationale) ramasse tout de suite le cadavre et le transporte à la morgue de l’hôpital de Port-au-Prince. Sept jours plus tard sans aucune explication, le corps fut rendu à la famille. La sœur de la victime, Ginou Séide déclarera : « La façon dont mon frère a été tué démontre à quel point que nous n’avons pas d’importance aux yeux des soldats onusiens.» 

–         Brochure POHDH (Plate – forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains), regroupement de 8 associations des droits humains, « Les forces étrangères en action »,14 février 2007

« VI – Les différents cas de violations dans lesquels sont impliquées les Forces étrangères au cours de la période de février 2004 à décembre 2006.

6.2 – Classification des violations

6.2.1 – Violation du droit à la vie »

   – Syndicat CATH (Centrale syndicale autonome des travailleurs Haïtiens), octobre 2008

A la suite d’une manifestation contre le renouvellement du mandat de la MINUSTAH, Jefaisant Laguerre, militant syndical, porteur d’une pancarte sur laquelle était inscrite : « Pou Minista ale ! » (Dehors la Minustah !) a été assassiné le 10 octobre. 

–          Haïti- Liberté, 29 juillet – 4 août 2009, article « Des funérailles secrètes pour une victime de la MINUSTAH », page 8, cf. Annexe II

Kenel Pascal a été assassiné par la MINUSTAH, devant la cathédrale de Port au Prince, lors des funérailles du Révérend Père  Gérard Jean – Juste. 

–          Rencontre de la Commission avec le commandement de la MINUSTAH, jeudi 17 septembre 2009, à 16 heures, A cette occasion, l’état – major de la MINUSTAH a déclaré (concernant la mort de Kenel Pascal)…

Les soldats de la MINUSTAH n’utilisent pas les projectiles de 9 mm… Seuls les officiers de la MINUSTAH en ont l’usage… 

–         Haïti Liberté, 12 août 2009, article « La MINUSTAH une fois de plus assassine… », page 4.

–         Le GARR (Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés), www.garr-haiti.org, 3-5 août 2009, 1 page, cf. Annexe III 

1.5 – Trafic aux frontières 

– GARR, Rapport annuel de juillet 2009, page 22, Extrait d’un Bulletin en janvier 2008 par le Centre social dominico – haïtien

« III – La situation des droits humains (DH) des migrants et réfugiés Haïtiens en 2008

3.1-La traite d’être humains et le trafic des migrants

3.1.1- En République dominicaine », cf. Annexe IV 

1.6 – Jeunesse et éducation 

–         POHDH, Antèn Ouvriye, Òganizasyon Chandèl…16-17 septembre 2009 

Les étudiants de l’Université de Médecine se sont soulevés contre le démantèlement de leur formation eu vue de la privatisation  des institutions. Les enfants des milieux défavorisés seraient de facto exclus. 

L’hébergement des forces la MINUSTAH dans des édifices publics (2005 – 2006) prive la jeunesse des structures indispensables à leur formation et à leur éducation, dans un pays où il y a 500.000 enfants environ, non scolarisés. 

1.7 – Trafic de drogue et d’armes 

–  Camille Chalmers, PAPDA (Plate – forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif), 16 septembre 2009 

Seulement 300 armes illégales ont été récupérées sur les 350.000 en circulation…

Le trafic de la cocaïne a presque doublé entre 2004 et 2009… Entre 12 et 15 % de la cocaïne destinée aux Etats – Unis passent par le territoire haïtien… 

1.8 – Emeutes de la faim 

–         Déclaration de la IIIe Conférence des Travailleurs et des Peuples de la Caraïbe, Pétion – ville, I- La MINUSTAH n’est pas une mission de maintien de la paix, décembre 2008

« Il y a quelques mois, des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui n’avaient plus rien a manger –du seul fait de la spéculation effrénée des opérateurs financiers sur les matières premières (le sac de riz étant passé de 35 a 70 dollars) sont descendus dans la rue et ont participé à ce qu’on a appelé les émeutes de la faim : les forces d’occupation de la MINUSTAH n’ont pas hésité à tirer dans la foule, faisant environs 6 morts et des dizaines de blessés. » 

2 – ECONOMIE

2.1- Spoliation des paysans 

–         Camille Chalmers, PAPDA (Plate – forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif), 2009 

Les paysans ont été désarmés depuis l’occupation américaine de 1915… Aujourd’hui, ils sont réduits à subir les nombreuses exactions dont ils sont victimes de la part de la MINUSTAH… 

–         CATH, 2009

Le syndicat a manifesté le Ier mai 2009, à St Raphaël sous le thème : « Défense de la production et des terres agricoles »… 

      –    Oganizasyon Peyizan Pou Liberasyon Gwo Mòn, 2009 

De nombreux cas de vols d’animaux sont signalés… Et, une simple exaction de droit commun se transforme en tragédie lorsque le « Bèèè… » du cabri dérobé devient une occasion d’interpellation musclée de la part des forces de la MINUSTAH. Les soldats de la MINUSTAH ne veulent pas entendre ce « son ». 

2.2- Renforcement du déséquilibre économique 

            – Déclaration de la IIIe Conférence de l’ATPC à Pétion-ville, décembre 2008

« L’ingénieur agronome Joël Ducasse a dressé un tableau édifiant de la situation économique d’Haïti. : « Le système bancaire n’attribue pas 1% de ses capacités au financement des activités agricoles d’Haïti. Et aujourd’hui cette contribution est tombée à rien, à 0% ! (…) Pour le logement, seulement 500 maisons ont été financées par le système bancaire sur une période de quinze ans pour une population de huit millions sept cent mille habitants. ».

              – Commission Episcopale Nationale, Justice et Paix, Rapport de juin 2009

Ecarts de prix relevés sur 12 mois (janvier – décembre 2008) entre le plus bas et le plus élevé : (Marmite) Riz étranger     (Marmite) Riz local      (Glosse) Huile        (½ litre)  Kérosène

                       4                                      4,5                        16,66                           10

            A noter que selon l’IHSI (Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique), l’augmentation des prix entre décembre 2007 et décembre 2008, était de l’ordre de 10 %. 

2.3- Renforcement de la dépendance économique

            – Camille Chalmers, PAPDA, 2009 

Le pays était auto-suffisant pour la consommation rizicole en 1972. En 2008, Haïti importe 82 % de sa consommation de riz.

            – Déclaration de la IIIe Conférence de l’ATPC à Pétion-ville, décembre 2008

« La loi HOPE permet la préférence commerciale unilatérale des Etats-Unis en faveur d’Haïti sur les textiles et les vêtements ainsi que les pièces de véhicules à moteurs. Dans le cadre fixé par la loi HOPE, Haïti doit s’engager à pratiquer le libéralisme tant au niveau politique qu’économique. Haïti ne doit, en outre, adopter aucune mesure allant à l’encontre des intérêts économiques et politiques des Etats-Unis. Telles sont les conditions exigées par les multinationales pour faire produire à des coûts inférieurs à ceux de la Chine et du Viet-Nam. »

Et, la déclaration poursuivait :

« Déjà les investisseurs se frottent les mains et les multinationales se mettent en ordre de bataille pour tirer profit des opportunités offertes par la loi HOPE. Dans un article paru le 15-08-2008 dans la revue brésilienne Valor Economico, il est expliqué : « Au milieu de chaos (le chaos de la situation économique haïtienne ndt), les entreprises brésiliennes recherchent des opportunités et commencent à profiter de la position stratégique du Brésil comme leader de la Minustah.(…) Coteminas (géant brésilien du secteur textile dont le pdg n’est autre que le fils du vice président du Brésil) veut utiliser Haïti comme plateforme d’exportation et de confection en direction des Etat-Unis (…). (…) « Le Brésil est un collaborateur reconnu du processus de sauvetage d’Haïti. Notre pays a le droit de demander un traitement préférentiel » a dit Valor Josue Gomes da Silva, le président de Coteminas.(…) Malgré la confusion institutionnelle, Haïti présente des avantages importants pour une entreprise du secteur textile : une proximité et un accès différencié au plus gros marché du monde, les Etats-Unis, et une main d’oeuvre très peu chère. Une couturière de la capitale Port-au-Prince est payée 0,50 $ de l’heure. C’est une rémunération inférieure aux 3,27 $ payés au Brésil (…) et comparable aux coûts de 0,46$ du Viet-Nam et aux 0,28$ du Bangladesh. 

Le plan de Coteminas est d’exporter du tissu du Brésil, de faire confectionner a très bat coûts les vêtements en Haïti, et d’investir sans droits de douanes le marche des Etats-Unis, le tout étant protégé par les accords de libre commerce. » (l’ouvrier haïtien n’a pas 0,50 $ pour une journée de travail, il gagne 70 gourdes pour 8 heures, environs 0,21 $ par heure). La MINUSTAH peut donc même servir de couverture pour passer des accords bénéficiant aux multinationales sur le dos des travailleurs haïtiens, au mépris des conventions de l’OIT ! » 

–         PAPDA, Budget de la MINUSTAH et de l’Etat Haïtien

* MINUSTAH

1er juillet 2008 – 30 juin 2009 : 574.916.500 $

1er juillet 2009 – 30 juin 2010  : 611.751.200 $       

     * HAÏTI

                                1er octobre 2009 – 30 septembre 2010 : 2.146.341.460 $  

                        La comparaison fait ressortir que les dépenses consacrées à la MINUSTAH représentent  près de 30% de la masse budgétaire du pays. C’est peu dire que c’est, énorme !

A préciser que l’Etat haïtien a payé 58,2 millions en 2008 et devra payer 50, 9 millions en 2009 aux institutions internationales au titre de la dette externe. ( précision apportée par la CIE).

De plus, l’un des effets pervers d’un tel engagement a des conséquences incommensurables, à savoir : le soldat d’origine brésilienne ou indienne ou pakistanaise…(du Sud en somme) qui perçoit un revenu de plusieurs centaines de dollars, pour ne pas dire des milliers,  pour une tâche dite de maintien de la paix en Haïti nous renvoie à une double comparaison. D’une part, celui qui perçoit la dite rémunération (quasiment plusieurs dizaines de fois supérieure à ce qu’il aurait perçu dans son propres pays pour une activité ordinaire) subit le vertige de la compensation, c’est – à – dire que pour justifier à ses propres yeux une telle différence de rémunération, il surestime sa tâche et en dernier ressort doit faire bien plus que ce qui lui sera demandé.  Evidemment, le commandement supérieur l’a certainement prévu et gère en conséquence les trop nombreux incidents. D’autre part, ceux qui subissent le plus violemment les effets d’une telle mise en relation, se sont les Haïtiens de toute condition. Aussi bien, ceux des quartiers aisés qui pour les besoins du service MINUSTAH, seront abusivement fichés et contrôlés, que ceux, les plus démunis, se retrouveront livrés à la « pacification » rémunérée bien au – dessus du revenu minimum d’un travailleur ordinaire haïtien. Résultats : un système de violence est activée, et il se nourrit de lui- même. L’économie de la « pacification » produit de la violence. 

3 – POLITIQUE

3.1 – Perte de souveraineté, anti – constitutionalité

– Accord signé entre l’ONU  et le Gouvernement, 9 juillet 2004, cf. également C. Chalmers, 2009

* Cet accord n’a pas été voté par le Parlement haïtien ;

*  Accord, IV – Statut de la MINUSTAH, 11, b : « La MINUSTAH bénéficie sur le territoire, du droit de communiquer librement par radio (transmission par satellites, radiotéléphones mobiles et postes portatifs incluses), téléphone, courrier électronique, télécopie ou tout autre moyen, et de mettre en place les installations nécessaires pour assurer les communications considérées à l’intérieur de ses locaux et entre eux, y compris la pose de câbles et de lignes terrestres et l’installation d’émetteurs, de récepteurs et répéteurs fixes et mobiles. »

* Accord, IV – Statut de la MINUSTAH, 11, c : Le gouvernement ne peut être qu’informé des mouvements de fonds et des courriers entrants et sortants sous l’autorité de la MINUSTAH du territoire haïtien ;

* La PNH n’a aucune possibilité d’intervention dans les locaux de la MINUSTAH ;

* Accord, VI – Statuts des membres de la MINUSTAH, Privilèges et immunités, 26 : Le « Représentant spécial » et « ses collaborateurs de hauts rangs » bénéficient de l’immunité diplomatique…

– Déjà entre 1991 et 1994, on note la confiscation des archives nationales par l’armée des Etats – Unis, soit 160.000 pages de références documentaires perdues pour la formation nationale haïtienne. Ce document contient des informations importantes sur les actes perpétrés par les militaires et des officiels américains, durant la période du coup d’Etat.

 3.2 – Atteinte à la liberté de la presse

– Brochure POHDH (Plate – forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains),

regroupement de 8 associations des droits humains, « Les forces étrangères en action »,14 février 2007, Les différents cas de violation dans lesquelles sont impliquées les forces étrangères au cours de la période allant de février  2004 à décembre 2006 : 

6.2.4, Atteintes aux biens privés, exemple 3,

                  « Le 31 mai 2006, à Port au Prince, le matériel de travail (bandes magnétiques)

d’un journaliste de Télé – Haïti a été saisi et brisé par des casques bleus de la MINUSTAH au moment de la couverture d’une conférence de presse de certains militaires démobilisés. »

6.2.5, Droit à la liberté d’opinion, d’expression, de réunion ou de manifestation, exemple 1,

      « Le 31 mai 2006, à Port au Prince, le matériel de travail (bandes magnétiques) d’un

journaliste de Télé – Haïti a été saisi et brisé par des casques bleus de la MINUSTAH au moment de la couverture d’une conférence de presse de certains militaires démobilisés. »  

–         M-M …R, M-E… R et R…J-F, 17 septembre 2009 

Le 20 mars 2005, à la suite de l’intervention de la MINUSTAH à Petit-Goâve contre des militaires, Larak Robinson, âgé de 26 ans fut atteint par deux balles alors qu’il était dans les locaux de la radio Kontak FM…Il fut transporté par hélicoptère jusqu’à Port-au-Prince et laissé gravement blessé devant les portes de l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haiti (HUEH). Les parents ont été prévenus par l’hôpital. Il a été transféré d’abord à Saint Domingue, puis à Cuba où il décède, le 5 avril. Le jour de ses obsèques, la MINUSTAH intervint sur le parcours, pointant des armes en direction du cortège.           

      – Le Nouvelliste, 1er septembre 2009, article « BS dévalisé et brutalisé par des agents de la MINUSTAH », page 3, Gilles Freslet … 

Le 27 août, à 20 heures, l’animateur de radio, Bernier Silvain, aurait été victime de brutalités et de vol de la part d’agents de la MINUSTAH. Au cours de cette opération, environs 100.000 gourdes ont disparu, l’animateur ne les retrouvant plus, alors qu’il portait sur lui, cette somme (produit du bal du groupe musical «fasil » organisé la veille). 

3.3 –  Arrestations arbitraires et disparitions 

–         Wilson Mésilien, membre de la Fondation 30 septembre, 20 septembre 2009 

Pierre-Antoine Lowinsky disparu le 12 août 2007, membre de la Fondation 30 septembre, était un militant des droits humains. Selon le témoin, aucune réponse sérieuse n’a pu être donnée concernant cette disparition. Les indices (empreintes dans son véhicule qui n’ont pas été exploitées, fonctionnement de son puce de portable six mois après…) s’évanouissent les uns après les autres. Depuis octobre 1997, le groupe Fondation 30 septembre organise tous les mercredi un setting sur la Place des Martyrs, à Port au Prince de 11 heures à midi … 

– Déclaration de la IIIe Conférence de l’ATPC à Pétion-ville, décembre 2008

« Dans une lettre en date du mois d’aout 2008 adressée aux autorités haïtiennes a l’occasion du premier anniversaire  de la disparition de Pierre-Antoine Lowinsky, sa femme, Michèle Pierre-Antoine Lowinsky explique : Il n’y a aucun doute qu’un actif citoyen de la trempe de Lowinsky Pierre-Antoine ne disparait pas, ne s’évapore pas dans la nature sans laisser de trace. En effet, les pistes et les indices laissés pendant, et après son enlèvement, n’ont pas été suffisamment exploités ou explorés à bon escient afin d’aboutir à des résultats concrets. J’en veux pour preuve les empreintes digitales trouvées dans le véhicule utilisé par Lowinsky. ».

3.4 – Répression de manifestations populaires 

     –  Brochure POHDH (Plate – forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains),

regroupement de 8 associations des droits humains, « Les forces étrangères en action »,14 février 2007, VI, Les différents cas de violation dans lesquelles sont impliquées les forces étrangères au cours de la période allant de février  2004 à décembre 2006 : 

6.2.5, Droit à la liberté d’opinion…………………..

            Le 12 novembre 2006, des élèves ont manifesté pour empêcher l’accès de la cour du Lycée Toussaint Louverture aux soldats de la MINUSTAH…Ces derniers ont lancé des gaz lacrymogènes afin de disperser les lycéens.           

Le 17 novembre de la même année les soldats de la MINUSTAH ont réprimé des manifestants qui célébraient la victoire de Vertières (novembre 1803).           

Le 5 décembre 2006, des organisations estudiantines manifestaient à Port au Prince, devant le siège de la Primature, pour protester contre le laxisme des autorités face au phénomène d’insécurité… Les soldats de la MINUSTAH ont tiré afin de les disperser… 

–         Communiqué du Comité de Suivi, 17 juin 2009,

« Depuis plus de deux semaines, le gouvernement et la MINUSTAH ont durement investi l’UEH (Université d’Etat d’Haïti)…et installe une forte répression contre la population, en particulier contre les étudiants…La MINUSTAH lance des gaz toxiques et tire à hauteur d’homme. Bilan : un étudiant atteint de deux balles à la tête et plusieurs personnes blessées, avec plus d’une vingtaine d’arrestations, passant compris… » 

3.4 – Régression de la participation électorale 

     – Camille Chalmers, PAPDA, 16 septembre 2009 

Depuis l’intervention de la MINUSTAH dans le processus électoral, la participation des Haïtiens aux votes est passée de plus de 60%, en 2006, lors des élections générales, à 11 % en 2009, lors des élections partielles sénatoriales. Cela montre, en tous les cas, une dissolution de l’esprit civique que l’on peut rattacher aux nombreuses conséquences de la présence de la  MINUSTAH. En l’occurrence, il s’agit d’une manifestation concrète du rôle symbolique qui découle de la présence de la MINUSTAH : elle s’occupe de tout, fait tout, règle tout, intervient dans tout…un peu comme un « papa minista !» 

Qui plus est, la MINUSTAH copte dans les milieux populaires, reconstituant de véritables bandes. Elle encadre la fraude et la violence électorales. Haïti est devenu un champ expérimental pour le néo – libéralisme : contrer les  contestations en milieu urbain,  liquider l’esprit civique dans les milieux populaires, préparer des troupes de choc capable d’intervenir contre les manifestations populaires sans aucune retenue… Les esprits sont préparés à une nouvelle forme de la dictature… 

Conclusion 

Au titre du chapitre 7 de la Charte de l’ONU, une telle intervention militaire (MINUSTAH) n’aurait pu se justifier qu’en cas de,

–     guerre civile

–     catastrophe naturelle

–     crime contre l’humanité

–         génocide…

Le commandement militaire de la MINUSTAH a exposé à la Commission les raisons de leur présence sur le territoire haïtien en faisant de la stabilisation et la sécurité, la clé de leurs actions. 

Notre enquête a démontré que les faits étaient tout autres. Sur la plan géopolitique, le professeur Chalmers a montré que le développement de l’opposition au néo – libéralisme, dans la sphère latino – américaine et chez les peuples de la Caraïbe, constituait une menace directe contre les intérêts des multi – nationales et de l’impérialisme. Le développement de l’implantation  de nouvelles bases américaines en Colombie, Curaçao…représente la matérialisation d’une stratégie offensive contre la démocratie et les peuples de la zone. Poursuivre la « production de misère en Haïti » est l’une des principales caractéristiques de la politique onusienne en faveur de cette stratégie. 

La MINUSTAH doit quitter Haïti !

Le parrain de cette session de la Commission Internationale d’Enquête nous a envoyé le message suivant : 

Message Eduardo Galéano (écrivain Uruguayen):

Montevideo, 11 septembre 2009 

Je souhaite envoyer tous mes meilleurs sentiments à la Commission internationale qui s’occupe d’Haïti.

Peu de gens malheureusement se souviennent qu’Haïti a été le premier pays véritablement libre des Amériques, libre du pouvoir colonial, libre également de l’esclavage.

Aujourd’hui encore les encyclopédies disent que c’est l’Angleterre qui fut la première nation à abolir cet infâme trafic de chair humaine, et les encyclopédies mentent : la première, c’était Haïti.

Et Haïti l’a payé cher : pendant toute une éternité le pays a payé à la France une gigantesque indemnité pour avoir commis cette offense à l’armée de Napoléon Bonaparte, et l’Europe n’a jamais pardonné l’humiliation subie.

Actuellement, Haïti, pays pauvre parmi les plus pauvres, digne parmi les plus dignes, souffre les conséquences de cette longue guerre de libération, de la monoculture du sucre qui dans l’intérêt exclusif de la France a ruiné ses terres pendant des siècles, et subit les experts internationaux dévastateurs du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, qui ont récemment tué toutes les protections que l’Etat haïtien offrait à sa production de riz et aux autres productions nationales, condamnant les paysans à la mendicité ou à quitter le pays sur des embarcations de fortune (« boat-people »).

Haïti mérite un meilleur destin.

Il suffit de connaître les œuvres de ses artistes, capables de transformer les détritus en beauté, pour le confirmer.

Je vous souhaite bonne chance dans votre labeur,

Cordialement, Eduardo Galeano

Merci, Camarade…

Propositions de la CIE : 

1 – Demande d’audience au Secrétaire Général des Nations Unies, 

2 – Demande d’audience au Président des Etats, membres de la MINUSTAH, 

3 – Appel au mouvement ouvrier international et aux peuples du monde, pour une journée internationale de soutien au Peuple haïtien et pour le retrait immédiat des troupes de la MINUSTAH, le 15 octobre 2009, date du renouvellement du mandat de la MINUSTAH…

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Una risposta a Chiedono la fine della presenza Onu ad Haiti: è un’occupazione

  1. titounou972 ha detto:

    Bonjour,
    Je suis un caraïbéen de nationalité française et j’ai demandé depuis pres de 5 ans à faire partie de la MINUSTA comme mon statut de fonctionnaire français le le permet. Et je n’ai même pas reçu de réponse, alors que je suis bien plus proche de l apopulation haïtienne que tous les européens bien pensant qu’on y envoiie pour gagner 3 fois leur traitement plus une prime de 50 000 dollars.
    Le Direteur Général de la Police Haïtienne en visite en France c’est même étonné de ne pas voir des policiers antillais au sein de la Minusta, qu’on m’explique pourquoi
    Cordialement et fraternellement

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